Encrier Boin-Taburet Paris du 19ème siècle de style grec Louis XVI en bronze doré
Encrier français du XIXe siècle de style Louis XVI en bronze doré
Encrier double en bronze doré décoré de treillis, rosettes et frises de style grec, rehaussés de draperies. Les godemichés sont décorés de frises de piastres, en forme de boutons floraux et de feuillages.
D'après le design de Philippe-Claude Montigny
Signée Boin-Taburet Paris et numérotée 47017
Récipients à encre en verre, dont un légèrement endommagé
Louis XVI style grec
Circa 1880
Emile Taburet, bijoutier, expose en 1880 à l'exposition de l'UCAD, "le métal". Son timbre a été barré en 1881.
Il s'associe avec son gendre, Georges Boin antiquaire, sous le nom de "Boin-Taburet", vers 1880.
Ensemble, ils exposent à l'Exposition universelle de Paris en 1889.
D'après le célèbre design de Philippe-Claude Montigny qui a créé des meubles et objets dans le goût grec, le retour au goût classique en réaction à l'excès de la rocaille a vu le jour dans les années 1750. Si certains architectes comme Blondel ou Contant d'Ivry prônent un modernisme mesuré, d'autres comme le peintre Louis-Joseph Le Lorrain ou des érudits comme le comte de Caylus s'amusent à une relecture extrême et raffinée de l'art antique. Le comte de Caylus (1692-1765), homme de lettres passionné d'antiquités, semble être l'un de ces précurseurs. Le choix fait dans ses collections d'un cénotaphe romain de porphyre datant du IIe siècle, pour en faire son tombeau dans l'église de Saint-Germain-l'Auxerrois, est à mettre directement en relation avec ce renouveau et les sources an-ciennes qui ne tardent pas à être réinterprétées. La commande du collectionneur Ange-Laurent Lalive de Jully (1725-1779) est également d'une grande importance. Financier passionné des Arts, introducteur des ambassadeurs de Louis XV à partir de 1756, il passe commande d'un ensemble de meubles précurseurs composé d'un bureau, de son carton, d'une coquille, d'un fauteuil et d'un encrier (A. Forray-Carlier, Le mobilier du château de Chantilly, Dijon, 2010, n. 10, p. 57). Son portrait par Jean-Baptiste Greuze à la National Gallery of Art de Washington présente deux de ces créations innovantes : la chaise à haut dossier et le bureau plat. L'impact du modernisme de ce mobilier, dont le bureau est actuellement conservé au château de Chantilly suite à un achat par le duc d'Aumale, fut immense. Certains commentateurs ont parlé de création "à la grecque", expression qui désigne alors généralement tout ce qui se réclame de l'Antiquité. Cette réalisation avait été confiée à Lorrain qui peut être considéré comme l'un des chantres de ce style naissant.
D'autres, comme le graveur, historien et collecteur Pierre-Jean Mariette, se sont immédiatement référés au grand style d'André-Charles Boulle, établissant un lien avec les créations de Louis-Fourteen. Cette dénomination "à la grecque" a connu un grand succès et décrit cette mode qui a déferlé sur Paris pendant la décennie des années 1760. Lalive lui-même s'en plaint dans le Catalogue historique qu'il publie en 1764, affirmant que même les devantures de magasins sont désormais à la mode. Les gravures humoristiques du peintre Alexandre Petitot dans la Mascarade grecque dénoncent parfaitement ces excès (A. Petitot et B. Bossi, Mascarade grecque, Parma, 1771).
Philippe-Claude Montigny (1734-1800), figure emblématique de l'ébénisterie parisienne de la fin du règne de Louis XV et du règne de Louis XVI, est le fils de Louis Montigny, ébéniste privilégié du Faubourg Saint-Antoine. Il succède à son père et reprend l'atelier familial, cour de la Juiverie, dans le quartier de la Bastille. Il collabore ensuite avec son cousin René Dubois (1734-1798) dont l'atelier prospère rue de Cha-renton à la fin des années 1760. Dubois fait également partie de ces ébénistes qui attirent une clientèle prestigieuse dont le goût est influencé par l'émergence du style néoclassique et le regain d'intérêt pour les meubles Boulle...
Catégorie
années 1880 Français Louis XVI Antiquités Objets décoratifs Boin-Taburet