Les Baigneuses - Huile impressionniste, Figures in Landscape d'Adolphe Monticelli
Huile sur panneau signée "Figures dans un paysage" vers 1876 par le peintre français Adolphe Joseph Thomas Monticelli. L'œuvre représente des baigneurs dans une rivière.
Signature :
Signé en bas à droite
Dimensions :
Encadré : 14 "x21"
Sans cadre : 8 "x15"
Provenance :
Collection privée française - sceau de collectionneur en cire non identifié au verso
Cette œuvre a été authentifiée par Marc Stammenga et est incluse dans le Catalogue Raisonne.
Monticelli entre à l'âge de 22 ans dans le Studio parisien de Paul Delaroche. Ses parents, d'abord favorables à une carrière de pharmacien, sont rapidement convaincus de sa vocation artistique, davantage en raison du manque total d'enthousiasme de leur fils pour toute autre activité que de l'évidence d'un talent exceptionnel de sa part. Adolphe est un élève peu brillant pendant ses trois années à l'école municipale de dessin de Marseille ; sa véritable inspiration est le Louvre, où il passe de longues heures à copier des œuvres de Rembrandt, Véronèse et Giorgione, et où il rencontre Delacroix, qu'il admirera tout au long de sa vie. Il retourne à Marseille de 1849 à 1863, puis s'installe à nouveau dans la capitale française jusqu'à l'ouverture des hostilités en 1870.La carrière de Monticelli se partage à parts égales entre Paris et Marseille (il y passera au total 15 ans). Son évolution artistique est marquée par des périodes "parisienne" et "marseillaise" bien distinctes, mais l'ensemble de son œuvre reste sous-tendu par une exploration inépuisable, tout au long de sa vie, des propriétés physiques et expressives, spirituelles, de la couleur. Ses premières œuvres romantiques (avant 1860) se caractérisent par un dessin habile, une manipulation soigneuse et l'utilisation de glaçures dans les tons jaune et rouge-brun sur une base bitumineuse. Quelques compositions de cette période présentent un jeu plus vif de couleurs plus vives et plus pures ; en 1860, la technique de Monticelli avait évolué de plus en plus dans cette direction. Ses peintures des années 1860 se caractérisent par des effets nacrés et irisés et une palette sophistiquée. Ses scènes du Décaméron ou ses fêtes galantes à St-Cloud véhiculent un sentiment exaltant de joie de vivre, de luxe et de plaisir raffiné, en parfaite adéquation avec son personnage "dandy". Napoléon III acquiert deux de ses tableaux et il jouit d'une grande popularité auprès des collectionneurs britanniques. Malgré les limites de son sujet et de ses motifs, sa peinture est toujours fraîche et pétillante, jamais mécanique. Delacroix s'étonne du succès de Monticelli et exprime son admiration : "Il s'est élevé autour de Monticelli une sorte de rumeur d'attente parmi ses confrères peintres". Monticelli lui-même ne se soucie pas de l'opinion de ses critiques, qu'il ne fréquente pas, ni de celle de ses collectionneurs, puisqu'il vend ses tableaux exclusivement par l'intermédiaire de marchands. Dépourvu d'ambition sociale ou financière, il se contente de vendre suffisamment d'œuvres pour soutenir le mode de vie qu'il a choisi, et n'a jamais exposé au Salon. Il s'habillait avec élégance, était un coureur de jupons et un fin gourmet. Son dégoût pour les intrigues sociales explique peut-être en partie pourquoi il n'a jamais reçu les honneurs publics habituels. À la manière du héros de Victor Hugo, Ruy Blas, il nourrit une passion sentimentale et idéalisée pour l'impératrice de Napoléon III, Eugénie de Montijo, dont les traits sont perceptibles dans certaines de ses figures féminines. La chute du Second Empire en 1870 met fin à l'existence de Monticelli à Paris. Il quitte son domicile de Romainville à pied, séjourne quelques semaines dans la ville de Salon, dans le sud de la France, et arrive à Marseille en 1871, à l'âge de 47 ans. Incompris et mis à l'écart des collectionneurs locaux et de l'élite intellectuelle de la ville, Monticelli est contraint de travailler dans l'isolement. À Marseille - avec son tumulte et sa misère, ses couchers de soleil qui rappellent les splendeurs orientales du Maghreb juste derrière l'horizon - Monticelli est libre de développer son style distinctif et mature. La paix revenue, il choisit de rester dans le sud, malgré les supplications de ses amis parisiens, vivant dans une seule pièce meublée d'un lit bas, d'un chevalet et de deux chaises. Baigné par la lumière violacée de son unique fenêtre, accrochée à un rideau à fleurs rouges, Monticelli se réjouit de son humble logement et s'installe avec bonheur dans une nouvelle vie de probité tranquille, profitant de la compagnie d'une poignée de commerçants locaux - des gens simples et quotidiens, amateurs de bonne chère et buveurs rituels d'absinthe. Il assiste à l'opéra et à la pantomime italienne, très en vogue à l'époque, et se laisse transporter par toutes sortes de musiques, notamment celles des orchestres tziganes hongrois qui se produisent régulièrement dans les bars et les cafés de la ville. Au dernier coup d'archet du violoniste, il rentrait précipitamment dans sa mansarde, allumait toutes les bougies qu'il pouvait rassembler et peignait jusqu'à ce que la fatigue l'affaiblisse" (Paul Guigou...
Catégorie
années 1870 Impressionnisme Peintures Adolphe Monticelli