Français, b. 1969
S'inspirant des grands maîtres de la photographie - Avedon, Lindbergh, Newton ou Toscany, entre autres - Cécile Plaisance utilise l'impression lenticulaire pour permettre au spectateur d'habiller ou de déshabiller les mannequins, femmes réelles, barbies, beautés idéalisées qui nous entourent. Mais cette fois, les mannequins, qu'ils soient humains ou poupées, regardent sans complexe l'appareil photo, comme pour revendiquer le droit d'exhiber leurs charmes, de séduire, de jouir... bref, de vivre de manière hédoniste, sans se soucier de la religion, du regard masculin ou des frontières culturelles. Un hommage amusant à toutes les femmes avec l'humour de Cécile : c'est une déclaration !
Au fur et à mesure que Cécile progresse dans sa photographie Icone, elle fait le lien entre Barbie et les femmes d'aujourd'hui - tout en jouant avec sa féminité, car l'icône a pris plusieurs vies tout en jonglant avec son quotidien d'épouse, de mère, d'amie et d'amante. Elle faisait ce que toutes les femmes font et en profitait pleinement : elle flirtait dans sa décapotable, elle était sexy sur la plage, elle était puissante en tant que directrice de sa propre entreprise, elle était autonome, elle n'avait pas d'âge et, en fin de compte, elle était aussi seule que peuvent l'être les belles femmes dans la vie, elle n'était plus une épouse de Stepford. Cécile a également ajouté de l'humour au mélange Barbie en ciblant les hommes qui attendent absolument de leurs femmes qu'elles soient sexy tout en assumant des responsabilités quotidiennes.
Au-delà du mythe de la femme objet, l'artiste élève l'idole de notre enfance collective en soutenant les défis des femmes d'aujourd'hui pour défendre leurs droits, leurs désirs et leur liberté chèrement acquise. La cape de nonne et la burka d'une femme voilée suggèrent aujourd'hui que derrière l'apparence extérieure d'une femme s'en cache une autre. Des subtilités complexes aux déclarations audacieuses, l'œil artistique de Cécile Plaisance les a toutes trouvées. Malgré les différences de cultures, de vêtements et de mode, et la diversité des chemins empruntés, les femmes aspirent à vivre pleinement et intensément leur vie aux multiples facettes, et aucun taliban n'y changera jamais rien. En capturant l'essence de toutes les femmes dans le corps parfait d'une seule, l'artiste a créé un genre qui lui est propre tout en étant accessible à tous. Elle utilise la technique de la photographie lenticulaire en superposant des images : Barbie semble se déshabiller en fonction de la position de chacun devant la photo.
Et si Dieu était une femme ? "Fuck the rules" est sa dernière série de photos qui ignore les préceptes établis et offre plutôt une perspective ouverte dans laquelle les hommes et les femmes s'accompagnent religieusement, comme des âmes complémentaires. Loin des codes momifiants de la religion, Cécile Plaisance nous invite à une liberté des sens subtile et sensuelle, où la femme est perçue comme une femme pape, maîtresse exclusive de ses décisions.
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