Masao Ido — « Ayu no Yado Tsutaya » (鮎の宿 つたや) — estampe sur bois en édition limitée
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Masao Ido — « Ayu no Yado Tsutaya » (鮎の宿 つたや) — Estampe sur bois en édition limitée, n° 154/200, signée et datée de 1990, avec cadre Kato d’origine
Œuvre rare et captivante signée par l’un des graveurs sur bois les plus célèbres du Japon de l’après-guerre, cette estampe panoramique de Masao Ido (井堂雅夫, 1945–2016) représente l’auberge historique Tsutaya — Ayu no Yado Tsutaya — nichée dans l'enceinte ancestrale d'Oku-Saga, à Kyoto. La composition guide le regard vers le toit de chaume épais et vert-mousse de l’auberge, puis au-delà des rideaux noren qui se balancent et sur lesquels est inscrit le caractère つたや (Tsutaya), jusqu’à une table basse recouverte d’une nappe rouge vif placée devant l’entrée — sur laquelle repose une seule tasse en céramique, comme si le temps s’était brièvement arrêté.
Ce sujet est riche d'une histoire aux multiples facettes. Tsutaya est l’un des deux restaurants-salons de thé situés à côté du torii d’Oku-Saga — tous deux forts d’une tradition de plus de 400 ans — et tous deux réputés pour leur cuisine à base d’ayu (poisson-frais).  La spécialité du restaurant est l’ayu pêché dans les eaux limpides de la rivière Hozugawa, servi en sashimi ou grillé au charbon de bois avec du sel, la saison s’étendant de juin à septembre.  La gravure d’Ido rend compte de cette atmosphère avec une intimité que seul un natif de Kyoto pouvait évoquer — la fierté tranquille d’un lieu qui nourrit pèlerins et voyageurs depuis quatre siècles.
Cette estampe est réalisée au format horizontal « yoko-e », un choix de composition délibéré qui permet à toute la façade de l'auberge de s'épanouir sur le plan pictural. La maîtrise d’Ido en matière de bokashi (impression en dégradés de couleurs) transparaît dans les subtiles superpositions tonales du chaume et de la maçonnerie, tandis que la palette maîtrisée, composée de gris profond, d’or terreux, de vert mousse et de rouge laqué, évoque la saison et le calme du petit matin. Les rideaux noren — imprimés avec des nuances de texture extraordinaires — semblent presque réels. La touche de rouge apportée par la nappe recouvrant la table ancrent le premier plan avec une élégance discrète, attirant le regard vers l'intérieur, en direction de la façade plongée dans la pénombre et de la lanterne portant le nom de l'auberge. Dans le coin inférieur droit, le sceau rouge de l'artiste (落款, rakkan) vient parachever la composition.
Entièrement authentifiée : l'estampe porte un titre, est datée (1990), numérotée 154/200 et signée à la main au crayon par Masao Ido dans la marge inférieure — ce qui en fait une œuvre en édition limitée et entièrement documentée, issue de la période de maturité de l'artiste.
Cette estampe est présentée dans son cadre japonais d'origine, réalisé par la célèbre maison d'encadrement Kato, à Tokyo : un cadre en bois dur laqué foncé, agrémenté d'un passe-partout en lin de couleur crème et d'une fine bordure dorée discrète, le tout réalisé selon les normes les plus rigoureuses de la présentation des œuvres d'art japonaises.
À propos de Masao Ido (1945-2016)
Masao Ido est né en 1945 en Mandchourie, dans les derniers mois de la Seconde Guerre mondiale. De retour au Japon, il a passé sa petite enfance dans la campagne d’Iwate avant de s’installer à Kyoto à l’âge de quatorze ans — une ville qui allait façonner toute son identité artistique.  Il a fait son apprentissage chez un teinturier et, dès l’âge de vingt ans, il concevait et teignait ses propres tissus pour obi et kimono. Après avoir découvert l'œuvre de Kiyoshi Saito, il s'est tourné vers la gravure sur bois, avant d'ouvrir son propre atelier et sa propre galerie à Kyoto en 1982. 
Ses œuvres font partie des plus grandes collections internationales, notamment celles du Museum of Modern Art de New York, du Boston Museum of Fine Arts, des musées nationaux de Kyoto et de Tokyo, ainsi que du musée municipal de Florence.  Figure majeure du mouvement sōsaku-hanga (estampe créative), Ido a développé un style distinctif grâce à son utilisation délicate de la couleur et à l’accent mis sur les décors traditionnels japonais — temples...
Catégorie
années 1990 Japonais Japonisme Décorations murales Ed Moses