Médium : Huile sur toile
Signature : signée deux fois et datée en bas à gauche : Harvey / Dunn 1932
L'œuvre « Dawn, Dawn, Dawn » d'Harvey Dunn est une illustration véritablement exceptionnelle qui immortalise un moment clé de l'histoire américaine. Dans cette œuvre, Dunn représente avec brio des soldats coloniaux se déplaçant furtivement sous le couvert de la nuit, se précipitant vers la victoire au fort Ticonderoga grâce à une attaque surprise à l'aube. Le clapotis de l'eau du ruisseau et les foulées de plus en plus longues des soldats illustrent parfaitement le sentiment d'urgence qui règne à cet instant unique — où l'on sait qu'une occasion pareille ne se représentera pas —, où les colons doivent empêcher la défaite.
La bataille de Ticonderoga fut la première victoire remportée par les colons, une armée hétéroclite et en piteux état, au cours de la Révolution américaine. Ce fut une victoire décisive remportée par Ethan Allen et Benedict Arnold. Construit dans un détroit situé près de l'extrémité sud du lac Champlain, dans le nord de l'État de New York, le fort Ticonderoga occupait une position stratégique qui en faisait un rempart protégeant les régions du nord et de l'ouest des États-Unis. En s'emparant du fort, les colons empêcheraient ainsi les Britanniques de contourner leurs forces et de prendre à revers l'armée du général Washington. De plus, les Colonials ont utilisé plus de cinquante canons et des provisions militaires prélevés dans le fort pour lever le siège de Boston ; cette attaque allait donc déboucher sur une deuxième victoire décisive pour les révolutionnaires. Ces premières victoires ont joué un rôle crucial pour le maintien de la résistance et du moral des Américains : ce triomphe en particulier allait démontrer que, même face à la meilleure armée du monde, les Américains étaient bel et bien capables de l'emporter.
Pour illustrer ce moment, Dixon Ticonderoga a fait appel à Dunn, un fabricant de renom de fournitures de bureau et de matériel artistique. Ils n'auraient pas pu choisir un meilleur artiste pour cette scène pleine d'action. Dunn a suivi la formation dispensée par Howard Pyle à sa Brandywine School. À l'instar de son mentor, Dunn fait preuve d'une grande minutie dans la composition et le dessin, comme en témoigne l'œuvre *Dawn, Dawn, Dawn*. L'arc formé par l'arbre à l'extrême gauche, juxtaposé à la vague de pluie et aux éclairs qui s'annoncent, met en valeur le combattant au centre, tandis qu'une ligne diagonale plongeante à ses pieds ajoute de l'intérêt à l'image et donne l'impression d'un mouvement instable et précipité. Cependant, c'est dans leur approche de la toile que Pyle et Dunn divergent. Selon un de ses collègues artistes, « Il [Dunn] s'attaquait littéralement à la toile et j'avais parfois l'impression qu'il allait transpercer le tableau avec son pinceau » (A.R. Mitchell, Harvey
Thomas Dunn...